© Alice Vanhoye
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Co-fondatrice des Retraites Moonrise, la naturopathe Marion Thelliez aide les femmes à « éveiller leur féminin sacré »

Marion Thelliez a lancé les Retraites Moonrise en 2017, avec la photographe Laura Vendescoeur. Dans les Cévennes, par petits groupes, elle apprend aux adhérentes à « trouver leur puissance de femme ». Là-bas, « sororité » devient le maître-mot. INTERVIEW

 

Parc Montsouris, Paris – un après-midi de juillet. Marion Thelliez, 31 ans, n’a pas choisi ce havre de paix par hasard pour me rencontrer. Amoureuse de la nature et passionnée de cuisine, elle s’est tournée vers la naturopathie à l’âge de 23 ans, alors que ses études d’histoire de l’art se terminaient. « Ça ne me convenait pas de vendre des oeuvres. Je n’aimais pas le côté commercial », justifie-t-elle. Accompagner ses client(e)s en leur proposant une hygiène de vie plus saine : cette démarche lui tenait bien plus à coeur. Marion a alors ouvert son cabinet de naturopathe et lancé ses cours de cuisine.

Chemin faisant, un message lui est apparu comme une évidence au cours d’une séance de méditation : « Il fallait que je travaille avec le féminin », explique-t-elle. Accompagnée de Laura Vendescoeur, une photographe rencontrée en consultation, Marion a alors co-fondé les Retraites Moonrise. Ces retraites spirituelles invitent les femmes à « éveiller leur féminin sacré ». Au milieu des Cévennes où se côtoient rochers, rivières et végétation, durant quatre jours, elles pratiquent la méditation, le chamanisme, et se nourrissent d’une alimentation saine. Le séjour se déroule dans une relation de sororité, par groupes d’une petite quinzaine. « Le chant de la source » leur apprend à « s’aimer elles-mêmes et à s’accepter pleinement »,  tandis que « Les quatre lunes » les aident à « se connecter à leur cycle menstruel » pour trouver leur « puissance de femme ». Rencontre.

Pourquoi était-ce si important pour toi que les retraites se déroulent entre femmes ?

On se sent plus en confiance. Si tu n’as pas ce lien de sororité et que tu es toujours en compétition avec les autres femmes, c’est compliqué d’être bien. On vit dans une société patriarcale où la femme a moins de place que l’homme alors il vaut mieux se tirer vers le haut plutôt que de se tirer dans les pattes. Ça ne veut pas dire pour autant que l’on exclut les hommes. Et je sais que plus tard je relierai tout le monde. C’est mon rêve.

Tu accordes beaucoup d’importance à cette relation de sororité. Sens-tu que depuis l’affaire Weinstein, les femmes ont d’autant plus ce besoin de solidarité entre elles ?

C’est évident. Moi j’ai eu cet éveil-là il y a quelques années en même temps que plein d’autres femmes. Je pense qu’il y avait déjà un mouvement souterrain qui a mené à cette affaire-là. Avec #metoo on s’est rendues compte qu’on avait presque toutes été déjà sujettes à des abus quels qu’ils soient. Ça révèle la vérité aux femmes et aux hommes.

Qu’entends-tu par « éveiller son féminin sacré » ?

Dans chaque être humain il y a une part de masculin et une part de féminin. Mais les valeurs du féminin ne sont pas les plus reconnues par la société. On attend d’une femme qu’elle soit plus calée sur le fonctionnement du masculin (productive, rentable) et qu’elle soit linéaire dans son comportement. J’accompagne les femmes à se reconnecter à leur caractère cyclique. Durant son cycle hormonal, une femme passe par quatre étapes qui symbolisent différents âges de la vie : la jeune fille, la mère, l’enchanteresse, la femme sage : on peut tout incarner mais pas au même moment.

A l’intérieur de chacune de nous, sommeillent alors plusieurs femmes ?

Bien sûr. Quand une femme est dans sa phase dynamique, soit la phase de la jeune fille, elle correspond plus à ce qu’il est attendu d’elle au sein d’une entreprise. On va lui demander d’être plus productive et elle sera en mesure de s’organiser, de foncer. L’archétype de la mère est aussi plus à l’écoute, dans une forme d’oubli d’elle-même pour se consacrer aux autres. Ces deux phases sont très acceptées.

Les deux autres ne le sont pas ?

La période pré-menstruelle est une phase très créative durant laquelle la femme va aussi se libérer des choses qui ne lui conviennent pas. C’est pour ça qu’il y a l’irritabilité. Enfin, la période de la femme sage, c’est les règles. On est dans une phase de lenteur, comme si tout nous amenait à ralentir et à développer notre connexion au sacré. Idéalement, les femmes ne devraient pas travailler les premiers jours de leurs règles.

Toutes, même celles qui ne ressentent pas de douleurs ?

Ce n’est pas une question de douleurs. Moi je n’ai pas forcément mal mais je sais ressentir la grande fatigue qui arrive quand j’ai mes règles. C’est un moment où toutes les femmes ont besoin de se reposer. Si elles ne le font pas, elles ne profitent pas de cet aspect très nettoyant que peuvent apporter les règles dans leur corps mais aussi dans leurs idées.

En quoi est-ce si important qu’une femme soit connectée à son corps et apprenne à le connaître ?

Si on ne le fait pas, on se plie à ce que la société patriarcale veut d’une femme. On s’oblige à être tout le temps la même alors que ça ne nous correspond pas. Si on incarne quelque chose qui n’est pas naturel pour nous, on se fatigue et on culpabilise en se disant qu’on n’est pas faite pour tel ou tel métier.

Est-ce essentiel de retrouver cette puissance de femme pour combattre les inégalités entre les sexes ?

Il y a cette notion de combat dans laquelle je n’ai pas envie de rentrer. L’incarnation des nouvelles valeurs peut passer par le dialogue. Je pense que l’égalité ne peut arriver que si les femmes sont dans l’affirmation de leurs besoins et aussi dans l’amour des hommes, que ce soit au sein d’un couple ou d’une société.

Que ressentent les femmes après les retraites ?

Elles paraissent contentes ! Elles nous écrivent pour nous faire part de leur expérience, postent des messages spontanés et puissants sur les réseaux sociaux, gardent un lien très fort entre elles. C’est un clan qui se crée. Toutes les sensations d’entraide et de bienveillance qu’elles peuvent ressentir sont tellement différentes de ce qu’on vit au quotidien, que ça crée beaucoup de joie et de soulagement.

Tu es justement très connectée sur les réseaux sociaux pour partager l’actualité des retraites Moonrise. Les digital detox sont-elles si importantes pour se reconnecter à soi ?

Je suis très connectée et en même temps j’ai beaucoup de mal. Je m’accorde du nettoyage. Je pense que c’est un véritable fléau d’être tout le temps connectée. J’éteins mon téléphone avant d’aller dîner et le matin je l’allume quand je commence à travailler. Ce sont mes digital détox quotidiennes.

 

Pour les infos pratiques, rendez-vous sur le site de Retraites Moonrise.

© Laura Vendescoeur - Moonrise
Marion Thelliez © Laura Vendescoeur – Moonrise
© Laura Vendescoeur - Moonrise
Laura Vendescoeur © Laura Vendescoeur – Moonrise

 

Laura Vendescoeur - Moonrise
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